DÉMARCHE

Les spectacles

La dynamique du FITA se met en place autour d’une programmation de spectacles professionnels internationaux et de spectacles montés par des professionnel·les avec des habitant·es. Tous les spectacles soulèvent des thématiques sociales ou politiques fortes, interrogent notre monde d’aujourd’hui, posent des questions qui font débat dans la cité, sont engagés dans le monde. Et ce en allant du tragique au burlesque dans des genres très divers : théâtre, danse, conte, chant, marionnette, slam, clown, musique. Par une approche sensible et artistique, où l’humain et sa condition face au monde est au centre, les spectacles programmés bousculent, font réagir, parfois dérangent…
La diversité des origines culturelles et géographiques des troupes invitées (Afrique, Amérique latine, Asie,..) et des contextes politiques ou sociaux de création, permettent aussi un croisement de regards différents sur les questions de notre temps. Chacun·e venant aussi avec son histoire et des formes artistiques elles aussi souvent originales et multiples, empreintes et héritières de codes et de patrimoines culturels divers. Loin de tout standard, de toute uniformisation, dans une réappropriation parfois d’héritages culturels qui seront exploités, transformés, « recyclés » à partir par exemple d’un travail sur les corps, les rythmes ou les formes textuelles. Ces derniers pourront être des textes originaux, notamment issus de créations collectives, ou des textes d’auteurs.

Outre les thèmes des spectacles, les origines géographiques des équipes programmées, leur disponibilité, leur engagement et leur motivation à rencontrer les habitant·es et à travailler avec elles et eux sont essentiels pour créer une dynamique de mobilisation des habitant·es. Cette dimension est aussi importante dans les choix de programmation. Les troupes programmées sont d’ailleurs souvent engagées dans des actions avec la population dans leur propre pays (enfants et jeunes des rues, enfants déscolarisés, populations victimes de violences, d’injustices,..). Une partie d’entre elles font partie de notre réseau international de théâtre action. Nous pouvons ainsi accompagner et soutenir leurs projets (financements, productions déléguées, échanges,…).

Permettre la rencontre avec la population

Pour que le théâtre soit aussi un espace de confrontation, de lien social et de dialogue entre les habitant·es pour toustes et par toustes. Un espace public, que chacun·e puisse s’approprier notamment dans les quartiers populaires urbains ou en milieu rural. En touchant toustes les habitant·es, y compris les plus en difficulté, dans un enjeu essentiel de mixité sociale, culturelle et générationnelle.
Pour un théâtre vivant, présent au cœur de la cité.
L’enjeu est que les habitant·es se déplacent dans les théâtres avec la conscience qu’il s’y passe des choses qui les concernent, que le théâtre n’est pas un lieu inaccessible, étranger et lointain. Sont ainsi proposés autour des spectacles, en lien avec nos partenaires :
– Des rencontres très nombreuses avec les équipes artistiques
Ces rencontres peuvent s’appuyer sur des repas préparés par les habitant·es pour accueillir les troupes. Elles se prolongent par des échanges formels ou informels en lien avec l’équipe artistique et les questions soulevées par le spectacle; et peuvent s’accompagner aussi d’ateliers de pratiques artistiques. Préparées avec nos partenaires, elles peuvent se dérouler dans un quartier, un foyer, au sein d’une association,…
– Des stages et ateliers de pratiques artistiques
Ces stages sont préparés afin de permettre une véritable mixité sociale parmi les participant·es. La moitié des places sont ainsi souvent réservées à nos partenaires, l’autre moitié étant ouverte au public. Nous organisons aussi des ateliers spécifiques en lien avec un ou plusieurs partenaires en direction des résidentes d’un foyer, des usagers d’un service CCAS, des jeunes d’une MJC … L’enjeu est aussi de permettre à chacun·e de s’exprimer, de prendre conscience de sa capacité à dire, et de la valeur et pertinence de ce qu’il a à dire.

Un réseau exceptionnel de partenaires

Nous travaillons avec plus de 100 partenaires sur l’ensemble de la région Rhône-Alpes. Le nombre de partenaires va en augmentant d’édition en édition.
Nous travaillons avec un réseau de partenaires du milieu culturel (théâtre, saison culturelle de collectivités territoriales, association de programmation culturelle,…), pour les co-accueils des spectacles programmés.
Nous travaillons avec un large réseau de partenaires de l’action sociale ou du milieu associatif (maison des habitant·es, quartiers, centres sociaux, foyers, associations de quartier, MJC, associations de solidarité internationale, établissements scolaires, …) pour construire et mettre en place les actions autour des spectacles.

Des équipes de bénévoles en appui

Le FITA mobilise 40 à 50 bénévoles. Ces bénévoles peuvent être des étudiant·es, chômeur·euses, habitant·es des quartiers de programmation, membres des groupes de création de la compagnie, …
Les bénévoles travaillent souvent par groupes de trois. Ces groupes sont de fait très souvent l’occasion de rencontres entre des personnes très différentes peu habituées par ailleurs à se côtoyer et à travailler ensemble.

L’apport des créations collectives et l’impulsion de nouveaux projets

Les créations collectives montées par la compagnie avec des habitant·es dont les plus fragilisé·es et marginalisé·es participent aussi largement à la dynamique générale du FITA. Allant dans le même sens, étant programmées au FITA, elles permettent une implication de leurs acteur·ices dans toutes les actions mises en place (dont équipes de bénévoles essentielles à la réussite du FITA). Par ailleurs, le FITA donne lieu à un afflux de nouveaux·elles postulant·es aux différents ateliers de création collective de la Compagnie et à la mise en place de nouveaux projets collectifs théâtraux avec des habitant·es non conduits par la compagnie.

Une mixité sociale, culturelle et générationnelle unique

Nous touchons ainsi d’une part un public habitué à fréquenter les théâtres (abonné·es de l’Espace 600 ou du Théâtre Municipal de Grenoble par exemple), mais aussi les jeunes, les habitant·es des quartiers populaires et du milieu rural, des groupes de femmes, des personnes en situation d’exclusion sociale,…Avec le FITA comme espace pour dialoguer, se confronter à l’autre, découvrir des pratiques artistiques souvent nouvelles (théâtre, mais aussi contes, percussions, danses rituelles afro, brésiliennes ou haïtiennes, capoeira, …).

Ceci montre qu’il est possible d’accueillir un public présentant une grande mixité sociale à condition d’en faire son enjeu essentiel et ainsi de tout mettre en œuvre en lien avec des partenaires très différents pour y parvenir.

Aussi, nous pouvons expliquer les résultats obtenus par :

  • le travail très important mené en amont avec tous nos partenaires,
  • les rencontres et ateliers proposés en amont ou pendant le FITA,
  • la politique tarifaire non prohibitive (prix des places à partir de 5€ en fonction des ressources de chacun),
  • le choix de programmation qui parle à notre monde d’aujourd’hui,
  • l’ouverture aux formes culturelles très diverses pouvant mêler danse, musique et texte,
  • la programmation d’équipes intéressées et motivées par la rencontre avec les habitants,
  • les variétés d’approches pour toucher le public,
  • l’attention aux contraintes pratiques et matérielles (garde des enfants, transports) avec des réponses proposées et adaptées pour certains spectacles.